Exposition temporaire "Songes de pierres" par Amy Hilton

du 1er au 9 avril 2016

      

 

Amy Hilton présente dans le cadre du Musée de Minéralogie des peintures inspirées de différentes pierres et minéraux. Dans ces peintures, des formes fluides semblent presque se mouvoir; des constellations de points que le spectateur est invité à unifier au gré de ses envies à l’aide de lignes suggestives, sont quelques-unes des œuvres présentées au musée.

Amy Hilton est née en 1986 dans le Lincolnshire, en Angleterre. En 2007, elle obtient un diplôme de Goldsmiths College de l’université de Londres. En janvier 2008, loin des brouhahas de Londres, elle s’installe dans les Alpes, à Chamonix, où elle renoue avec la nature. Ses aspirations artistiques s’y accroissent au gré des rudes saisons, sur les cimes des montagnes. Elle vit et travaille actuellement à Paris.

La conjonction des singuliers et du Tout est le concept en travaille qui accompagne l’artiste le long de ses écrits universitaires ou intimes, sur le cours de ses créations, au fil de ses voyages et projets.

Dans ce dessein, elle pratique diverses matières et médiums pour interroger les notions philosophiques de “conscience” et de “monde” et de tenter de décloisonner les êtres et les phénomènes, qui loin de n’exister indépendamment et distinctement selon elle, trouvent sens en leur rapport avec la nature. « Ecologie profonde » selon les termes de l’artiste qui met à l’honneur la puissance des cycles physiologiques et mythiques.

Une anecdote qu’Amy Hilton aime à narrer pour transmettre l’inspiration qui l’anime: elle a découvert sur une plage une pierre fracturée en deux parties (en un lieu et temps qui ne sera pas révélé à l’auditeur bien qu’il sente que ce fut une côte de sable et de mer bien réel). Deux parties distinctes, et cependant chacun peut imaginer réunir ces deux morceaux de même matière qui s’emboitent parfaitement. La netteté de la brisure de cette pierre n’en permet pas moins de la penser comme une forme cohérente et unique.

 

"Labradorite" par Amy Hilton (droits protégés).

 

« Enfin nous rentrons, des étoiles de fatigue dans les yeux, mais les mains et le cœur éblouis. » 1

 L'imaginaire, nourri d'intensités toutes intérieures, croise parfois en une occulte coïncidence l'esthétique intrinsèque des pierres millénaires. « C’est ainsi que les hommes, dans leur technique et sensibilité, ont inventé des gestes d’expression que la Nature, sans en avoir conscience, réalisait mystérieusement »2. Amy Hilton est travaillée par ces correspondances secrètes qui ne l'ont jamais fait douter que nos représentations comme nos corps demeurent production de poussière de comètes. L'ensemble de ces séries artistiques sont "des tentatives pour apprivoiser ces secrètes analogies", suggère l'artiste. Les "Songes de pierres" prolongent ce sillage. À l'ombilic de grandes feuilles apparaisse des pierres qui, à l'instar d’un soleil dardant, redoublent leur advenue en faisant gondoler les papiers qui les reçoivent.

… Sur une flaque d'eau versée à même la feuille vide, de ce vide qui tourmente l’être humain en quête de sens, son pinceau ne trace pas, ne délimite aucunement, il entretient des courants, de ductiles mouvements au sein de la masse liquide. C'est là et seulement là, sous l'emprise d'une humble inspiration, qu'elle disperse les pigments sur ce microcosme aquatique qui nous remémore l'océan primordial entourant les mondes antiques duquel les scientifiques concèdent que toute vie provient. Elle égraine encres, poussières, roches broyées, épices, parfums et poisons qui s'emportent au gré des turbulences du petit lac. Elle oriente à peine le Grand Œuvre, incline le plan du papier, réitère l'un de ses jetés colorés, caresse la surface turbulente d’un pinceau, y souffle doucement parfois. Le poème s'agence selon le hasard Mallarméen devant l'émerveillement méditatif de l'artiste. Un monde émerge à mesure que l'eau s'évapore (ce qui peut prendre plusieurs jours) sous un regard attentif. Manifestation d'un cosmos dont les lignes de sutures transparaissent au rythme de cette dilution onirique. L'ensemble sédimenté ressemble à s'y méprendre à la poétique d'une opale polie, d'un fragment moirée de labradorite, d'une pierre de rêve : l'œuvre a élu l'artiste qui n'a assuré que les conditions de sa genèse. Esthétique qui parfait les techniques de ces chasseurs de rêves que furent les surréalistes, esthétique novatrice de la déprise créatrice, de la radicale inversion du créateur et du créé. Un « dream catcher » qui délasse le regard de l'artiste autant que celui des spectateurs.

 Extrait du texte par Gaëtan Bros

 

Simultanément, il y aura une exposition des œuvres d’Amy Hilton presentées chez Galerie Fatiha Selam (58 rue Chapon, 75003) et au Drawing Now (au Carreau du Temple, 4 rue Eugène Spuller
, 75003), sur le stand C18, avec la Galerie Martin Kudlek.

 

Amy Hilton dans son atelier.

 

Formation :

Goldsmiths College, University de Londres, 2004 – 2008

 

Expositions personnelles et collectives :

Premiere partie, solo, l’Ecloserie, Ile de Re, 2012

Come to my home, collective, Theatre Royale de Marrakesh, 2013

Le tout et les parties, solo, Galerie Fatiha Selam, Paris, 2014

Amsterdam Drawing, Galerie Martin Kudlek, 2015

Syntheisis of All That Went Before, The Averard Hotel, London, 2016

 

"Constellation II" par Amy Hilton (droits protégés).


 


1:  Michel Cachoux, Amonites ou les cornes d’Ammon, 1963.

 

2 : Michel Cachoux au sujet de son exposition « Pierres, Peintres et Poètes », 1985.

 

 

Peintures inspirées de pierres et minéraux - MINES ParisTech
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