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01/12/2008

Jean-Loup Chenot passe le relais

Un « jurassic director » ... novateur

Pendant 30 ans il a incarné le Cemef. Par la voix de Benoît Legait, l’École a rendu hommage à Jean-Loup Chenot. Voici de larges extraits du discours prononcé à l’occasion de la passation de pouvoir à la tête du Centre, le 1er octobre dernier.

Jean-Loup Chenot passe le relais

Jean-Loup Chenot a dirigé avec talent et efficacité le CEMEF pendant près de 30 ans. Il n’en mérite pas, pour autant, le titre de « Jurassic director »... Il est le troisième directeur du CEMEF. Avant lui, Paul Bacqué créait, à Paris, le groupe plasticité et dirigea le CEMEF de 69 à 75. Quand il quitte l’École pour rejoindre Creusot Loire, un autre jeune ingénieur du corps des Mines lui a succédé, Pierre Avenas, qui avait créé un groupe sur la viscoélasticité. Or Pierre recherchait un jeune talent dans le domaine de la plasticité... Il fait appel à ce jeune polytechnicien plein d’avenir (repéré lors d’un stage à l’IFP), ayant fait ses classes préparatoires à Louis-Le-Grand, comme lui, et titulaire d’un doctorat d’État. Jean-Loup Chenot s’est laissé séduire par Pierre, mais aussi, et surtout, par le projet de Pierre Laffitte à Sophia Antipolis. Il est recruté en octobre 75 à l’École, à Paris, et participe à la préparation du déménagement du CEMEF en 1976. Le CEMEF compte alors 45 personnes.

Un modèle de valorisation original

Jean-Loup Chenot est nommé directeur du CEMEF le 1er décembre 79. En une trentaine d’années, par une association étroite avec les entreprises et avec les milieux académiques, il arrivera à tripler la taille du Centre et à donner naissance à trois mastères spécialisés et un mastère recherche. Pour cela, il a pu compter sur toute l’équipe du CEMEF et, en particulier, sur son compère depuis le début, Jean-François Agassant que j’associe à cet hommage.

L’apport scientifique le plus remarquable de Jean-Loup au CEMEF me semble être l’introduction volontariste de la simulation numérique par éléments finis, pour modéliser les processus de mise en forme. Était-ce le fait de son passage à l’IFP ou ses qualités de visionnaire ? Toujours est-il que le couplage entre modélisation numérique et expérimentation physique fait du CEMEF un centre capable de tirer le meilleur profit de la physique pour la prévision des procédés de mise en forme, quel que soit le matériau. Ce succès scientifique s’est doublé d’un succès industriel, puisque la chaîne logicielle issue du CEMEF (en particulier Forge 3D) est commercialisée, avec le succès que l’on connait, par Transvalor. Cette réussite commerciale a été organisée et pensée par Jean-Loup Chenot qui a défendu avec acharnement un modèle de valorisation original. L’École et Armines restent propriétaires de la totalité du logiciel, même si les industriels participent au développement et licencient Transvalor pour l’industrialisation et la commercialisation. Plutôt que de verser des redevances à l’École, Transvalor anime et finance des travaux de recherche. Ce dispositif souple et simple a prouvé son efficacité.

Avec l’aide de Jean-François Agassant, Jean-Loup Chenot a développé des relations très fructueuses avec le CNRS et l’UNSA. Cela s’est traduit par la création d’une UMR avec le CNRS, et du master recherche Physique des matériaux et mécanique numérique et de l’école doctorale Sciences fondamentales et appliquées, avec l’UNSA. Mais il sait ne pas se limiter à l’horizon franco-français et crée, toujours avec Jean-François et plusieurs universités européennes, ESAFORM (Association scientifique européenne pour la mise en forme des matériaux).

Mentionnons également l’apport très important de Jean-Loup et de Jean-François au développement de notre implantation à Sophia. Avec les délégués successifs à Sophia - et je salue particulièrement Yves Laboureur et Michel Lenci - ils ont su convaincre les collectivités locales d’investir dans l’École, que ce soit en équipements scientifiques ou en bâtiments.

Jean-Loup Chenot a mené son activité de directeur du Centre tout en poursuivant ses recherches et son enseignement. Comme directeur, pour faire face au développement de son centre, il préfère nommer des chefs de groupe adjoints plutôt que de multiplier les groupes. En 92-93, alors qu’il doit faire face à des déficits records sur Armines en raison d’une mauvaise conjoncture économique, il parvient, avec l’aide de l’École, à remettre le centre sur les rails d’un « développement durable », comme on dirait aujourd’hui.

Sur le plan scientifique, il est l’auteur d’environ 200 articles et de plusieurs livres. Son enseignement s’est exercé dans le cadre des mastères spécialisés, master recherche, et de la formation doctorale. Il a encadré une trentaine de doctorants.

Jean-Loup a donc servi l’École de manière exemplaire dans toutes ses missions : formation, recherche académique, liens avec le secteur économique, et valorisation des connaissances, des procédés et des logiciels. L’excellence de ce centre de recherche dans ces différentes dimensions a d’ailleurs été reconnue par l’AERES qui a classé le CEMEF A+. Benoît Legait

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