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06/06/2013

Étude des hackerspaces, barcamps et autres lieux de co-création

Les nouveaux écosystèmes d’innovation au cœur de MINES ParisTech.

Pour la première fois en France, un Space Apps Challenge était organisé par la NASA. Naturellement, des doctorants de MINES ParisTech y étaient...

Étude des hackerspaces, barcamps et autres lieux de co-création Michel Viso, astrophysicien, en train de coacher un jeune designer et un développeur pour la conduite de leur projet de maquette représentant la météo martienne en temps "presque réel". Copyright CNES.

MINES ParisTech : une culture historique de l’innovation ouverte et partenariale

Ce que l‘on appelle innovation n’existe pas uniquement sous forme de nouveaux produits. Innover c’est aussi reconceptualiser, réformer les procédés, organiser différemment. Et si innover c’était sortir des cadres pré-établis ? En avril, avait lieu pour la première fois en France un Space Apps Challenge organisé par la NASA. Quel intérêt les grands groupes trouvent-ils à ouvrir leurs données au public ? Quel est l’impact de ces nouveaux lieux de création où amateurs et professionnels collaborent pour élaborer de nouveaux savoirs et de nouveaux produits ? Des questions que MINES ParisTech entend soulever et expérimenter.

Les nouvelles modalités de création

« Dans les années 60, certaines entreprises ont entamé un processus qui consistait à donner du savoir à des hackers afin qu’il continue la conception et le développement des produits », raconte Paris Chrysos, doctorant au CGS MINES ParisTech. « En général, il existe trois modèles d’innovation : au sein de l’entreprise, par l’utilisateur et, entre les deux modèles précédents, par les développeurs-entrepreneurs », ajoute le doctorant dont la thèse porte sur ce dernier cas.

Si ce modèle d’innovation par des tiers n’est pas nouveau, il prend un essor particulier depuis quelques années avec la multiplication des hackdays, barcamps, etc. Ceci est notamment en lien avec l’omniprésence actuelle du numérique, le web 2.0 et les nouveaux modèles économiques basés sur les flux de données. À MINES ParisTech, de jeunes chercheurs étudient ces nouveaux éco-systèmes de co-création. Leurs recherches nous éclairent sur le potentiel des partenariats multi-formats et non-conventionnels. Un mariage des cultures et des univers que l'École d'ingénieurs pratique de longue date, notamment au travers des nombreux partenariats public-privé ou encore, par exemple, au CBIO, un centre de recherche commun MINES ParisTech / Institut Curie au cœur de la rencontre entre biologie et modélisation numérique.

Le règne de l’amateur éclairé

« Il est intéressant d’étudier le potentiel qu’on libère en impliquant le profane dans la création de savoir », explique Morgan Meyer, qui a mené une thèse sur la collaboration entre amateurs et professionnels en histoire naturelle au CSI MINES ParisTech. « Les amateurs ne sont pas contraints par des financements ou des sujets établis. Ils travaillent par passion et développent les outils qui les intéressent ».

Les événements comme les hackathons ou les barcamps mêlent professionnels et amateurs, entrepreneurs, designers et développeurs. Ce sont des outils organisationnels, mais aussi de formidables lieux d’apprentissage basés sur le Do-It-Yourself (fais-le toi-même). « Il y règne une ambiance hybride de travail, de partage et de convivialité », décrit Ksenia Ermoshina pour qui le Space Apps Challenge était la première expérience d’un hackathon. « Cela remet en cause les frontières entre le travail et les loisirs. C’est dans l’air du temps », analyse cette jeune russe qui vient d’entamer une thèse au CSI MINES ParisTech sur le sujet des hackathons. « De plus, ils autorisent de nouveaux rapports entre les citoyens, les scientifiques et les pouvoirs. Pour le sociologue, c’est un fantastique objet d’étude où l’on a accès au processus de création. »

… et de l’utilisateur-innovateur-entrepreneur

Les entreprises multiplient ces initiatives (barcamps, hackerspaces…) car elles trouvent de l’intérêt à ouvrir leurs produits et services au potentiel créatif des utilisateurs. C’est un nouveau procédé d’innovation qui permet d’explorer plus loin, plus rapidement et à moindre coût. L’entreprise y voit aussi l’occasion de fidéliser une communauté d’utilisateurs. Si on leur en donne les moyens, ceux-ci développent des produits qui leur sont utiles selon leur expérience et leur goût personnel. « Les hackers sont particulièrement forts pour capter les tendances avant qu’elles ne se propagent », souligne Ksenia.

Ces cheminements sous l’égide de l’Open Innovation partent du constat que chacun peut innover et que les opportunités se trouvent dans la mixité des acteurs. Une approche au cœur de l’organisation de l'École d'ingénieurs MINES ParisTech, qui souhaite donner les clefs de l’entreprenariat à ses étudiants. Des concepts que l’on retrouve aussi dans les théories organisationnelles telle que la théorie C-K ou les thèses de Philippe Mustar, responsable de l’option « Innovation et entreprenariat », sur les lead users ou utilisateurs-innovateurs.

Des opportunités pour tous

L’entreprise n’est pas la seule à bénéficier de ces échanges. « Les développeurs-entrepreneurs forment une couche intermédiaire entre l’entreprise et l’utilisateur », analyse Chrysos. « Ils n’innovent pas au sein de l’entreprise. Ils découvrent les nouveaux dispositifs que celle-ci leur fournit et innovent sur la base de leur propre expérience en se plaçant très tôt sur de nouveaux marchés émergeants. » Hackerspaces, barcamps et laboratoires de garage représentent un ensemble de nouveaux écosystèmes d’innovation aux potentiels innombrables, et dont les effets peuvent s’observer sur l’ensemble de notre économie.

En conclusion, l’innovation ne peut être hermétique aux éventuels innovateurs externes à l’entreprise. Les centres de Sociologie de l'innovation et de Gestion scientifique de MINES ParisTech s'y intéressent aujourd’hui, mais l'établissement tout entier est imprégné d’une forte culture d’ouverture et d’entreprenariat. Chrysos, Morgan et Ksenia étudient barcamps, hackerspaces et autres anglicismes en vogue. Parce que laisser leur chance aux jeunes d’explorer des sujets modernes et qui les intéressent, c’est aussi écouter les tendances actuelles, les rencontrer sur le plan pratique et théorique, et accompagner les évolutions de la société.

Article rédigé par Laurence Bianchini - MyScienceWork.

En savoir plus :

Paris Chrysos est en fin de doctorat au CGS MINES ParisTech. En 2011, il a publié An organisational design approach of business environments: the case of Barcamps milieu in Paris.

En 2013, Morgan Meyer a soutenu une thèse sur la collaboration entre amateurs et professionnels en histoire naturelle au CSI MINES ParisTech et publié un article intitulé "Domesticating and democratizing science: a geography of do-it-yourself biology".

Ksenia Ermoshina est en fin de 1ère année de doctorat au CSI MINES ParisTech. L’intitulé de sa thèse est : Le marché des NTIC face aux nouvelles formes de mobilisation : les militants comme experts, usagers et consommateurs.

Lire l’interview de Pascal Le Masson “La conception innovante : Cultiver l'innovation de rupture à l'ère de la saturation des connaissances”.

Lire un article qui aborde la "thèse" de Philippe Mustar sur "le client, source d'innovation pour l'entreprise et l’activité entrepreneuriale des utilisateurs".

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