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19/03/2013

L’industrie française décroche-t-elle ?

Un ouvrage publié par deux chercheurs de MINES ParisTech - Propositions d’actions pour les industriels

L’industrie française décroche-t-elle ?

Dans le cadre de la Semaine de l’industrie, MINES ParisTech et la Fabrique de l’Industrie ont organisé le 18 mars une conférence intitulée Malaimée ou méconnue ? Comment permettre aux jeunes et au grand public de connaître la réalité et les enjeux de l’industrie ? en présence de Louis Gallois, Président de la Fabrique de l'Industrie. Pour ouvrir le débat, nous vous proposons de découvrir l’ouvrage intitulé L’industrie française décroche-t-elle ?, publié et édité par La Documentation française, au-travers de quatre questions posées aux auteurs, Pierre-Noël Giraud et Thierry Weil, tous deux professeurs au Centre d'Économie Industrielle (CERNA).

Y a-t-il vraiment lieu de s’alarmer face à notre situation économique ?

Pierre-Noël Giraud : Il n’est pas possible de vivre éternellement en déficit commercial et en accroissant sa dette. Un mythe récurrent veut qu’une « société post-industrielle » puisse renverser cette tendance en développant son offre de services et en se spécialisant sur les produits haut de gamme et high-tech. Mais c’est une illusion de croire que cela suffirait à équilibrer la balance commerciale de la France. Il faut réduire nos importations et augmenter nos exportations. De biens et services La France doit pour cela garder une industrie au sens classique du terme et la rendre compétitive. Ceci permettra aussi d’anticiper le jour où les pays émergents nous rattraperont.

A-t-on identifié les causes du déclin et les leviers de redressement ?

Thierry Weil : En France, le tissu industriel peine sous le poids d’un manque de confiance entre les différents acteurs. Le dialogue social est historiquement basé sur l’affrontement. Le dialogue entre industrie et recherche publique est quant à lui empreint de défiance. Tout cela est en partie lié à un manque de connaissance réciproque de ces sphères. La Semaine de l’industrie ouvre les portes des usines au public et favorise la reconnaissance des acteurs du secteur. En ce qui concerne la compétitivité de notre industrie, le rapport Gallois propose une montée en gamme des productions françaises. Celle-ci permettra une différentiation sur le marché et justifiera des coûts plus élevés. L’innovation organisationnelle ou managériale peut aussi être un important levier de compétitivité car il est aussi possible de faire des économies en optimisant la production et la distribution.

Pourquoi encourager les jeunes à aller dans l’industrie ?

Thierry Weil : Nous avons actuellement un fort taux de chômage, mais aussi de nombreuses offres d’emploi non pourvues dans l’industrie. Les formations professionnelles attirent peu, malgré de bons salaires d’embauche, peut-être parce que les industriels n’offrent pas assez de possibilités d’évolution et de formation aux ouvriers qu’ils recrutent. Cela se fait dans d’autres pays. De plus, certains jeunes imaginent que les métiers industriels sont pénibles, alors qu’aujourd’hui le travail dans l’industrie n’est plus ce qu’il était du temps de Germinal. C’est souvent un travail de haute technicité qui s’apparente à celui d’un conducteur de TGV qui contrôle et corrige si besoin le travail des machines. Ceci est mal connu du public.

Les Français connaissent mal l’industrie et ne se rendent pas compte du danger que représente le déclin industriel pour notre avenir. Le rapport Gallois a légitimé ces sujets auprès du gouvernement comme du grand public. La prise de conscience que ce rapport a provoquée a permis un dialogue social plus constructif qui a déjà mené aux accords de janvier (sur la flexibilité du travail et la sécurisation des parcours professionnels). Il a montré que nous faisons reposer le financement de la sécurité sociale uniquement sur le travail et que cela dessert l’emploi et favorise les contrats précaires. Il n’est bien sûr pas question de faire régresser la protection sociale. Il faut donc trouver un autre mode de financement acceptable par tous les acteurs avec comme intérêt commun de freiner la désindustrialisation de la France.

Et à l’échelle internationale ?

Pierre-Noël Giraud : Le déficit des pays relève de la problématique nationale. Une part de la question de la compétitivité industrielle est toutefois européenne car nous partageons une même monnaie. Il faudrait disposer d’une voix unique lors des négociations des règles du commerce international. Il faut une réelle unité européenne qui passe d’abord par une unité franco-allemande et par une réduction des déséquilibres entre pays européens. La France en premier doit diminuer son déficit et s’équilibrer avec l’Allemagne. C’est ce que propose le rapport Gallois. Ensuite, d’une voix unie, nous pourrons négocier avec la Chine et les grands pays émergeants et anticiper le jour où ils auront pleinement développé leur industrie.

Article rédigé par Laurence Bianchini - MyScienceWork.

Plus d'informations sur le livre

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