L'actualité partagée

International

Entreprise

Recherche

04/02/2013

La conception innovante

Cultiver l’innovation de rupture à l’ère de la saturation des connaissances.

Alors que MINES ParisTech et l’Université Paris Dauphine s'apprêtent à accueillir le colloque international "Re-enchanting technology", Pascal le Masson, chercheur au Centre de gestion scientifique, explique les enjeux, pour les entreprises, des recherche en théorie de la conception.

La conception innovante

Que veut dire concevoir et produire dans notre système industriel actuel ? Comment former à la créativité ? Comment se nourrir du rêve pour produire de nouvelles technologies ?

Modélisation mathématique de l’innovation

Ces questions sont posées dans le cadre d’une réflexion sur les « théories et méthodes de la conception innovante. » Elles font l’objet d’un programme de recherche fondamentale dont l’objectif depuis vingt ans est la formalisation de la conception industrielle. Au cœur de cet axe de recherche, on trouve la théorie C-K (pour concept-knowledge ou concept/connaissance en français). La théorie C-K est l’une des fiertés de MINES ParisTech. Elle a été formulée pour la première fois en 1995-96 par Armand Hatchuel et Benoît Weil.

La théorie C-K généralise des concepts mathématiques issus de la théorie des ensembles au domaine de la créativité et du développement industriel. Elle se base sur la définition de deux ensembles : d’une part, les concepts issus de l’imaginaire, et d’autre part, les connaissances. Cette théorie modélise ensuite les interactions entre concepts et connaissances. Elle analyse la façon dont leurs interactions provoquent la création de nouvelles connaissances et de nouveaux imaginaires. Les zones « inconnues », dans lesquelles nous n’avons pas de compétences disponibles, jouent aussi un rôle majeur dans le processus de créativité selon cette théorie formelle.

Cultiver l’innovation de rupture au 21e siècle

Le développement de la théorie C-K s’inscrit dans le renouveau, à l’échelle mondiale, des recherches sur les théories de la conception. La conception désigne l’ensemble des efforts collectivement produits afin de créer des biens ou des services. « Ce renouveau d’intérêt a permis la reconnaissance internationale d’une école française appréciée pour l’inventivité de ses formalismes. » selon les propos de Pascal Le Masson, professeur à MINES ParisTech et co-président du SIG, un groupe spécial de la Design Society créé en 2008 par Armand Hatchuel et Yoram Reich (Tel-Aviv University).

 

Depuis le milieu du siècle dernier, les entreprises et le système industriel sont guidés par la rationalité de l’amélioration des produits existants. Cela a eu une efficacité redoutable. Les pots catalytiques, pour donner un exemple, sont le résultat d’une multitude d’avancées technologiques de pointes.

Ainsi que le souligne Pascal Le Masson, le constat est qu’au 21e siècle la différence se fera sur le plan de l’innovation. La conception innovante est par exemple le développement d’une voiture qui n’est pas une voiture ou de l’Iphone, qui n’est pas un téléphone. Ceci permet d’ouvrir de nouveaux secteurs industriels.

Mais innover n’est pas simple. La fixation est un mécanisme cognitif qui incite une personne à rester dans le domaine de ses connaissances acquises. C’est un frein à la créativité et un bon estimateur de la capacité d’innovation. Les différents corps de métier n’ont pas le même rapport à la fixation. Les designers par exemple sont généralement créatifs. Les ingénieurs sont par contre plus fixés. S’ils sont guidés vers l’innovation, ils peuvent rapidement s’en détacher.

Les travaux théoriques de la conception innovante ont permis de mettre en place des méthodologies de l’innovation pour l’entreprise : méthode KCP, CK invent etc. Ce sont des méthodes rigoureuses qui ont pour vocation de « défixer » les gens. Elles permettent aussi aux différents métiers (ingénieurs, designers, chercheurs..) de travailler ensemble et les forcent à explorer l’inconnu de façon systématique et collective. Des résultats pratiques très concrets ont été obtenus dans des entreprises et partenaires industriels qui aujourd’hui financent depuis 2009 la chaire du CGS intitulée « Théorie et Méthodes de la conception innovante. »

Enseigner l’innovation

Notre société favorise-t-elle l’innovation ? Formons-nous aujourd’hui les ingénieurs et les chercheurs à être créatifs ? Les écoles de design et d’arts appliqués ont montré qu’il était possible de former à la créativité. Mais quelles sont les conditions pour être capables de repenser un objet sans conserver son identité puisqu’il n’est plus question de l’améliorer ? Il est possible de former à la remise en question des modèles anciens. Dans un monde de la conception innovante, il faut aussi développer un langage commun pour permettre le dialogue des différents corps de métier. Des métiers intermédiaires peuvent aussi surgir avec le rôle d’architecte de l’innovation.

De manière générale, le développement d’une culture de la conception innovante nécessite une redéfinition de base de la société. Cela se joue au niveau de l’éducation et de la formation professionnelle. Mais cela implique aussi de repenser la gouvernance des entreprises.

Article rédigé par Laurence Bianchini - MyScienceWork.

La conception innovante - MINES ParisTech

L'actualité partagée - MINES ParisTech
Partager

contactez-nous

Des questions sur le musée ou la collection ? Contactez-nous

venir au musée

Retrouvez toutes les informations pour vous rendre au Musée de Minéralogie

Musée de Minéralogie

60 boulevard Saint Michel

75006 Paris

Ouvert :

Mardi - vendredi : 13h30 - 18h

Samedi : 10h - 12h30 et 14h - 17h

 

Fermé les dimanches, lundis et jours fériés.

Prochaine fermeture :

du 23 décembre 2018 au 1er janvier 2019

 

 

Contact Mentions légales efil.fr © 2014 MINES ParisTech