Collection systématique

      

Claude Guillemin

Claude Guillemin qui à partir de 1957 réorganisa et enrichit la collection du Musée de l'École des mines de Paris a écrit : " On pourrait laisser croire, que, comme trop de conservateurs, je considère que seuls les échantillons spectaculaires font la valeur d'une collection. Il n'en est rien ; je crois profondément que Si les pièces exceptionnelles réjouissent le coeur des collectionneurs que sont fort heureusement la plupart des conservateurs, et permettent de mieux comprendre les possibilités du monde minéral, elles ne sont cependant qu'un des aspects spectaculaires et parfois esthétiques de la valeur de nos collections, qui doivent d'abord être un instrument de travail irremplaçable et sans cesse perfectionné pour tous les scientifiques devant se référer aux matériaux naturels. "

Cette citation, extraite du préambule de l’ouvrage intitulé " En visitant les grandes collections minéralogiques mondiales " (C. Guillemin, 1972), est surtout destinée aux conservateurs qui ont tendance à négliger la valeur scientifique de leur musée... pour se consacrer exclusivement à la recherche de la pièce de compétition internationale, oubliant du même coup qu’un conservateur de musée n'est pas seulement un grand collectionneur privé. Par chance, les responsables du Musée de l'École des Mines ont su, tout en mettant en œuvre les moyens indispensables à l'enrichissement du contenu des vitrines d'exposition, accroître le patrimoine purement académique de l'ensemble initial, support essentiel des travaux scientifiques de tous ordres. Grâce à un effort qui se poursuit depuis trente années, visant à nouer des relations d'échange avec les laboratoires, les musées et les collectionneurs du monde entier, le musée posséde actuellement une des plus importantes collections Systématiques et l'une des quatre plus grandes collections d'espèces types.

 

Une des plus grandes collections mondiales

La collection systématique totalise environ 25 000 échantillons, Si l'on inclut les spécimens exposés. On peut estimer le nombre d'espèces minérales explicitement reconnues et bien définies à 3 500 environ, mais chaque espèce est représentée, quand cela est possible, par plusieurs localités parmi les plus intéressantes. Bien entendu, les minéraux les plus rares Sont illustrés par un seul spécimen, tandis qu'une espèce comme la calcite occupe plusieurs tiroirs de rangement. D'autre part, le musée conserve un grand nombre de variétés et d'espèces douteuses ou incomplètement définies. En effet, durant une longue partie de leur histoire, les minéralogistes ont publié une multitude de nouvelles descriptions, basées la plupart du temps sur des analyses chimiques, sans aucune concertation internationale : l'utilisation des propriétés optiques comme critère d'identification ne date que de 1850, et celle des rayons X ne remonte qu'aux années 20, et encore, uniquement pour les laboratoires de minéralogie les mieux équipés le résultat est l'existence d'environ 20 000 noms donnés à des variétés, des mélanges, des produits artificiels ou redondants. Ce n'est qu'en 1959 qu'a été décidée la création, au sein de l'Association internationale de minéralogie, elle-même fondée en 1957, d'une commission chargée d'examiner les questions de nomenclature minéralogique. Aujourd'hui la grande majorité des descriptions de nouvelles espèces est soumise au contrôle de spécialistes de plusieurs pays, qui en votent ou non la validité. Une nouvelle espèce ne peut être homologuée que si la publication comporte les éléments caractéristiques suffisants pour justifier son individualité analyse chimique précise, propriétés optiques, propriétés cristallographiques détaillées. On exige également qu'au moins un échantillon type soit dûment répertorié dans un musée. Trois ou quatre espèces nouvelles par an sont ainsi décrites par des laboratoires français, on estime que dans la période 1962-1983, 86 nouveaux minéraux ont été décrits par des auteurs français (ou avec leur collaboration), dont 23 proviennent de gisements français, parmi les 1146 acceptés par la Commission dans la même période pour le monde entier.

Il est donc indispensable de conserver et d'examiner avec les moyens actuels les variétés et espèces mal étudiées dans le passé, qui peuvent permettre de nouvelles définitions et même la description de nouvelles espèces - cela s'est déjà produit – originaires de mines et affleurements désormais épuisés ou inaccessibles.

Classification des minéraux au Musée - MINES ParisTech
Partager

contactez-nous

Des questions sur le musée ou la collection ? Contactez-nous

venir au musée

Retrouvez toutes les informations pour vous rendre au Musée de Minéralogie

Musée de Minéralogie

60 boulevard Saint Michel

75006 Paris

Ouvert :

Mardi - vendredi : 13h30 - 18h

Samedi : 10h - 12h30 et 14h - 17h

Horaires d'été : FERME LES SAMEDIS du 15 juillet au 26 août inclus

Contact Mentions légales efil.fr © 2014 MINES ParisTech